22. Shimon Palombo. Chronique d’un desastre. Wadi Salib, Haifa.

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SHIMON PALOMBO, 1/6/10 – 30/6/10

Natacha Giafferi-Dombre/Galerie Marassatrois, Paris

SHIMON PALOMBO: “Chronique d’un désastre. Wadi Salib, Haifa” (Peintures sur bois)

Exposition du 1er au 30 juin 2010, galerie Marassatrois, Paris

“Shimon Palombo est né à Wadi Salib, le plus vieux quartier de Haïfa, en Israël. Dans l’imaginaire collectif israëlien, ce nom est devenu synomyme de révolte populaire puisqu’il a été le théâtre de la première résistance fomentée par les immigrants contre le pouvoir dominant. Originaire de ce quartier, Palombo est probablement le seul ariste israëlien ayant vécu et créé dans la maison où il est né car au fil des ans, Wadi Salib a été réduit à un état de béance dans le paysage de Haïfa.

Si l’artiste restitue sur la toile ses cauchemars les plus intimes, c’est pour mieux les transcender, ici la laideur devient beauté, les fractures se ressoudent et la grande douleur qui nous étreint devant une telle devastation s’émousse peu à peu pour découvrir une forte jubilation creative…” Bénédicte Auvard.

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L’artiste entre biographie personnelle et trajectoires des Nations

Shimon Palombo est né en 1959: c’est donc un de ces “bébés de la Révolution”- l’expression se référant, en Israël, à la première génération à être née, depuis 1948, sur le territoire.

Fils d’émigrés venus poser leurs bagages dans le quartier alors arabe de Wadi As-Salib – lesquels Arabes se résolvent alors à abandonner les lieux, laissant leurs maisons à une population pauvre, venue pour l’essentiel d’Afrique du Nord: les Sépharades.

Rebaptisé Wadi Salib, le quartier devient, dès 1959, le théâtre de manifestations et d’affrontements violents entre population sépharade et administration ashkénaze. Ce départ de feu embrase rapidement Israël tout entier. Affectés par le chômage et la pauvreté, souffrant de l’indifférence des pouvoirs publics, les habitants de Wadi Salib figurent donc comme pionniers des révoltes populaires hostiles au pouvoir central israélien.

Au milieu des années 1980, Shimon Palombo se forme académiquement aux Beaux-Arts de Paris (1984 à 1988). C’est la menace pesant sur la maison familiale – une de ces nombreuses destructions immobilières visant à repartir, autrement dit ségréger, les populations ashkénazes et sépharades, qui le fait rentrer au pays. Au milieu des ruines environnantes et sous un toit qui menace d’écroulement qu’il se met au travail, s’efforçant dès lors d’arracher à l’implacabilité des bulldozers des morceaux de vie passée, les espoirs d’une Patrie à jamais perdue.
Aujourd’hui en France, où il vit et travaille, il adjoint à la pratique de la peinture la technique de l’assemblage, taillant ici, reprisant là, comme voué à un impossible tissage de ce qui n’est plus mais demeure vif en ceux qui ont vécu, grandi, aimé à Wadi Salib, Haïfa.

Ou comment “l’art confronte les mémoires” …

Shimon Palombo à Marassa Trois

Shimon Palombo à Marassa Trois

“ Ce qui sans doute choque le plus, dans un premier temps, quand on regarde les tableaux de Shimon Palombo, c’est l’absence de point de repère dans un cadre classique qui permet, dans une zone délimitée, d’asseoir l’œil comme devant un objectif d’appareil photo.
Ici, point de possibilité de repos, le regard cherche vainement un port d’attache, un havre de paix qu’il ne trouve pas.
(…) On se plaît à vouloir remettre de l’ordre, à être cartésien dans quelque chose qui ne peut l’être, car on est confronté à la vitesse avec laquelle ce qui vient du dehors (œuvre) dérange l’impression du dedans (sentiment inconscient). (…) L’alternance des effets de matières, le jeu du devant de la scène avec le second plan, animent la dramaturgie des objets. Une boîte, une chaussure, une bouilloire, ne sont plus de simples produits, car liés les uns aux autres. Ils deviennent esprits, âme d’un être torturé.
Ainsi, un bois découpé en escalier, brûlé sur le bord, souligne un visage en suggérant « une vie brûlée ».Ailleurs, ce seront les veines du bois qui remplaceront celles de la peau, elles viendront s’insérer comme une radiographie à fleur de peau, laissant apparaître un autre personnage sous le premier. (…) C’est un chemin qui va aller de découverte en découverte, de niches sombres en plages claires, les unes maléfiques, les autres angéliques. Notre esprit bascule, car tout peut être et ne pas être. On est entre la vie et la mort.
Shimon Palombo nous entraîne sur un sentier malaisé qui respire la dualité d’un conflit, dans l’expression scénique, hors cadre avec les contours irréguliers de la mise en acte. Le peintre joue dans cet espace sa lutte avec l’ange d’où il ressort un tableau boiteux aux formes non conventionnelles, aux scènes condensées qui télescopent l’inconscient. C’est un exercice douloureux qui vise à garder l’équilibre dans l’alliance divine.
Shimon Palombo nous esquisse une trame picturale figurative et abstraite où le temps s’articule avec le scénario proposé, libre à l’œil du spectateur d’en recomposer un autre.”

Roger Lupescu

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Oeuvres exposées à la galerie Marassatrois en juin 2010

1- Ma maison
Huile sur toile
1980

2- Wadi Salib
Huile sur toile
1982

3 Retour de Paris
Acrylique sur toile
1988

4- La Pierre
Assemblage
2003

5- “Fenêtres aveugles” (Hommage à Natan Zach)
Assemblage
2010

6- Hors de terre
Sculpture
2008

7- Généalogie
Assemblage
2008

8- Rupture
Assemblage
2008

9- Le chemin des écoliers
Assemblage
2007

10- Tel Aviv
Assemblage
2004

11- Dernier arbre avant (re) fondation
Assemblage
2007

12- Cepoy sous les bombes
Assemblage
2009

Contact:

Natacha Giafferi-Dombre: 06 60 68 13 21
galeriemarassatrois@live.fr

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