23. Eric Gougelin: Fashakos

Du 8 au 30 septembre 2010

ERIC GOUGELIN

1- “BAI-ETH- L’âme et le Coeur ou “le Faucon””

Je ne suis pas encore ce scarabée mort aux élytres figées. Le sable cristallin et ambré est un terrain propice à l’exploration. A parcourir la vallée à la tombée de la nuit, le grand chien OUPOUAOU m’a vu passer et n’a pas frémi d’une moustache. Il veille, fixe et raide, et perçoit le réveil des morts, leus sandales parfumées, leurs plaintives prières: acquérir un passage, une porte, par une vie de piété.

J’avance, je trottine aux abords des tombeaux, près des puits j’escalade les jarres et les statuettes brisées, je me désaltère d’onguents sucrés. Au loin se battent les profanateurs et les chacals dévoreurs de cadavres.

“Je suis inquiet”. Padiamenopet, l’Erudit et Magicien, a fait bâtir sa tombe-bibliothèque pour l’éternité. Restera t-elle intacte? Son seul trésor: les murs inscrits de LAME DOUAT.

Ô Bai-Eth! Protège-nous de tes ailes! Ce souffle du soleil! Notre ami repart à son destin et se dit “Qu’ai-je laissé? Un caveau, une bibliothèque, un projet de vanité, de grandeur, mais aussi… de sottise!

2- Fragments et rêve

Quand la vie devient par trop pénible et que le silex entame nos coeurs, il se produit une transition, sorte de détournement: passer à un autre moment, intemporel – un petit espace reserve à la realisation, une sorte de rêve.

Sur ma table encombrée de figurines familières, j’ai ramené de mes chines toutes sortes de fragments: pièces de bois percé, clefs rouillées, noeuds de papier doré, plaques de cuivre, breloques usées, pierres, verre, et billes d’enfant perdues roulées le long des caniveaux. Tout ce petit trésor me ravit!

Je pense aux ancêtres, à tous ces boutons de nacre qui ont vécu et que je vais enfiler à nouveau, pour en couvrir les ventres, les poitrines, les visages de mes enfants-statues. Par cette réactualisation du geste, je me plais à croire à une refloraison, à une renaissance.

Eparpillées sur ma table de travail, des images découpées, des symboles, telle cette tête d’aigle. Elle évoque pour moi la force, les Aïnous, Râ-le Soleil, le Pharaon et une protection ferme et subtile. Surpris sauvant un bébé charençon, et couvert de plumes de corneille. Me voilà bien protégé par les esprits…

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