20. Maïssa Toulet. Momies et reliquaires

Après les poupées étranges de Monsieur Gougelin, ce sont les exquis cadavres de Maïssa Toulet qui viendront habiller les murs de la Galerie Marassa Trois. Et lorsqu’on sait que, dans son Abécédaire personnel (http://maissatoulet.fr/aproposde.html), l’artiste écrit ceci:

« Porter un autre être dans son corps puis le restituer, transformé. Si une telle chose existe, qu’on ne s’étonne pas, ensuite, de bien des choses étranges »,

on se dit que l’on ne s’est pas trompé: nous n’en avons pas fini d’être tirés de notre sommeil…

Maïssa Toulet
Momies et reliquaires

Vernissage samedi 6 février, de 18h à 21h
Exposition jusqu’au 4 mars, du mardi au samedi de 14h à 19h

Née en 1974 à Paris où elle vit et travaille, Maïssa Toulet n’a pas fait d’études d’arts plastiques: c’est la littérature qu’elle choisit pour métier. A côté de publications confidentielles mais étonnantes de maturité, commence une carrière de professeur de français qu’elle finit par abandonner. Reprenant le fil d’une adolescence qu’on devine secrète (collages à la Joseph Cornell et, déjà, des “boîtes”), elle entreprend, presque scientifiquement mais sans canevas préconçu, la collecte d’d’objets apparemment hétéroclites, avec une affection particulière pour les jouets et les insectes. Ce n’est pas dira t-elle leur aspect vieillot ou l’idée d’une « histoire » de l’objet, mais la conviction d’un sens présent à l’aléatoire – conviction, soit dit en passant, sur laquelle reposent tous les systèmes de divination…

Si ses assemblages sont, au début de son oeuvre, enfermés dans des boîtes de verre, elle se tourne depuis peu vers des installations de volumes plus importants. La partie est dans le tout, le tout dans la partie. « J’aime les cadres, les enclos et les cloîtres. Je ne suis pas comme la chèvre de M. Seguin. J’ai besoin de limites, de frontières : étrangement, je m’y sens plus libre ».

Sur le modèle des Cabinets de curiosités, mais doit beaucoup plus à l’esprit caustique des surréalistes- même si elle se défend de toute appartenance et souligne avec raison que plutôt que l’inconscient et ses jeux, c’est très soigneusement qu’elle choisit ses « séquences ».

« Il paraît que c’est lié à mon signe astrologique : je suis une femme d’intérieur. Pour sortir, je dois me faire violence. »

Deux installations permanentes sont actuellement visibles à Paris: son « Cabinet de sorcellerie », inspiré des univers baroques de la sorcellerie, du vaudou et le religieux populaire (Comptoir général, 80 quai de Jemmapes, Paris 10è*); la série « Autels particuliers », dérivée des autels populaires de l’Inde ou de l’Italie) (Divan du monde).

*visite sur rdv, contacter la galerie

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