EXILS – Rencontres autour de Shimon PALOMBO (ISRAEL)

E X I L S ——– RENCONTRES AUTOUR DE SHIMON PALOMBO

Paris change ! Mais rien dans ma mélancolie
N’a bougé ! Palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.

Les exilés, ridicules et sublimes chez Baudelaire et longtemps figures romanesques plus ou moins fantomatiques, sont aujourd’hui devenus une composante majeure et tout à fait tangible de notre humanité. La notion d’exil connaît d’ailleurs de multiples acceptions. On la trouve, déjà, chez Homère, où la figure héroïque d’Ulysse incarne toute l’ambiguïté de la civilisation: connaître sinon conquérir des espaces nouveaux, mais aussi conserver une adresse à soi, quelque part dans ce monde. Réelle ou imaginée, réelle et imaginée, la maison est, dit le proverbe anglais, « where the heart is ». Se peut-il qu’elle soit aussi « where the art is », dans ce que nous créons ?

Comment un artiste israélien vivant et travaillant en France s’arrange t-il de l’éloignement lorsque celui-ci se trouve encore compliqué par une mise en abyme tout à fait particulière ? Israélien, mais aussi Sépharade – surnommés ‘Juifs noirs’ en israél -, Shimon Palombo est né à Haifa dans un quartier frondeur et anciennement palestinien et sa propre patrie n’est pas toujours, oserait-on dire ?, bonne mère.

À l’occasion de l’exposition Chronique d’un désastre consacrée à l’œuvre de Palombo, la galerie Marassatrois vous invite à rencontrer l’artiste, samedi 19 juin à partir de 17h, pour questionner, avec lui et autour de ses œuvres, la pertinence de la notion d’exil. Pour nous y aider, quelques invités apporteront points de vue ou éclairages :
– Michel Guillet, galerie Guillet-Arcane 17: Une présentation de l’artiste
– Roger Lupescu, psychologue, écrivain : Parcours dans la géographie palombéenne
– Yoav Levy : Psychanalyse de la ‘maison’ dans l’œuvre de Shimon Palombo
– Martine Brun, citoyenne : Haïfa, 1989-1990. Récit d’une expérience
– Yannick Rocher, comédienne : Lecture : l’exil chez Mahmoud Darwich

N.G.-D.
Marassatrois. 89 bis rue de Charenton, Paris 12ème.

shimon

“Rencontres autour de Shimon Palombo”, samedi 19/06/10, galerie Marassatrois (Paris)

Compte-rendu de la séance

– Michel Guillet

L’art comme transmission d’un vécu.

Association de structures où les trois dimensions ne rentrent pas dans un temps… L’artiste au centre de lui-même? Un des rares artistes à travailler au-delà dans trois dimensions.

L’intérieur des maisons est caché. Sont telles des grottes.

Extérieur: perturbé, mais dont il reste des mémoires. Ainsi chacun est à la vue de ces oeuvres touché par des émotions ou des pensées cachées.

Sensation d’une vie qui continue là-bas.

– Roger Lupescu

Déconstruction de la réalité pour recontruire selon son imaginaire.

Un sentiment dramatique: il n’y a aucun personnage dans ces tableaux. Comme une terre qui tremble. Nécessité d’un remaniement intérieur de celui qui regarde…

– Yoav Levy

Au-delà de l’histoire et de la politique: autre chose au coeur de l’oeuvre…

En hébreu, la “maison” [baITH] a un sens très large: famille, lignée, généalogie, mère (?) mais aussi: le temple.

Dans la Bible et la tradition juive, de même que dans l’art israélien contemporain, la maison est un thème important, voire récurrent.

De même l’”exil”, un passage obligatoire de la tradition juive.
Aussi: la philosophie de l’exil.

Ici, la maison est toujours vue de l’extérieur et ne semble pas habitée…

– Michel Guillet

(à propos de la pièce “Hors-de-terre”) Cette sculpture est plus symbolique, les autres oeuvres exposées ici étant plutôt surréelles…

Yannick Rocher
Lecture de poèmes de Mahmoud Dahwich (‘A ma mère”, “Au jour du grand départ je t’aime plus encore”,…)…

Martine Brun
Un kibboutz paisible dans les années 89-90…
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